Guide du voyageur

L’évolution de la société (civilisation de loisirs, allongement de la durée de vie et surtout de la durée de retraite active, baisse du prix des transports aériens, omniprésence des informations touristiques sur les medias écrits, audio-visuels et informatiques, amélioration des structures d’accueil dans des pays où elles étaient ou médiocres ou élitistes) entraîne une augmentation régulière du nombre des voyageurs (environ 8 millions de Français voyagent chaque année à l’étranger).

Les jeunes voyagent de plus en plus tôt, les seniors de plus en plus tard. Vous serez donc de plus en plus nombreux, confrontés à des risques sanitaires différents de ceux de votre propre pays.

Seront concernés ici des voyages, essentiellement touristiques, éventuellement professionnels s’effectuant dans le sens “nord-sud”, pris dans son sens économique.

Nous n’aborderons pas les problèmes rencontrés lors des déplacements “sud-nord”, préoccupants mais fondamentalement différents.

Quant aux risques que vous pourriez rencontrer au cours de voyages entre pays du ”Nord”, nous n’en parlerons pas, même s’il est évident qu’ils peuvent être les mêmes que lors de voyages plus "exotiques" : les risques de la plongée sous-marine sont les mêmes sur la Côte d’Azur qu'à Madagascar, ceux de la haute montagne que vous tentiez l’ascension du Mont-blanc ou celle du Kilimandjaro. Un facteur capital doit être de plus en plus fréquemment pris en compte dans le choix d’une destination : c’est le contexte géopolitique local. Le ministère des Affaires étrangères tient à jour, sur son site Internet (www.france.diplomatie.gouv.fr), la liste des pays (ou des régions) où les situations politique, mais aussi climatique (tremblement de terre, inondations..) ou sanitaire (épidémies) pourraient, au maximum, contre-indiquer un voyage, à court ou moyen terme et, dans tous les cas informer sur la réalité d’un risque.

Montesquieu a écrit qu’en voyageant, on “sort du cercle des préjugés de son pays”. Il ne faudrait pas, par crainte ou par méconnaissance s’enfermer dans le cercle d’autres préjugés en imaginant le risque, plus, ou au contraire, moins important qu'il n'est.

AVANT VOTRE DEPART

a/ Pensez à souscrire un contrat d’assistance et d’assurance

Quelle que soit sa destination, le voyageur aura souscrit un contrat d’assistance et d’assurance, dont il aura vérifié scrupuleusement les clauses d’exclusion et le montant des frais remboursables en tenant compte du prix des frais pharmaceutiques mais surtout médico-chirurgicaux dans le pays visité. Les références (téléphone de la compagnie, n° du contrat) devront être facilement accessibles.

b/ Un petit tour chez le médecin

Une consultation médicale peut être faite par un médecin généraliste ou par le spécialiste d'un centre de vaccinations internationales. C'est au cours de cette consultation que sera décidée l'opportunité des vaccinations et des prescriptions nécessaires. Les informations et conseils que nous allons donner ne doivent, en aucun cas, la remplacer. 

c/ Quelles vaccinations faire ?

Le calendrier vaccinal doit tenir compte de l’obligation administrative qui protège autant le pays hôte que le voyageur du risque réellement encouru.

Le carnet international (où doivent être portées toutes les vaccinations, même non obligatoires) permet de savoir si le voyageur est protégé pour le voyage projeté et lui évitera des rappels inutiles. Les vaccins coûtent cher, et pour la majorité d’entre eux ne bénéficient d’aucun remboursement des organismes sociaux. Subir les vaccinations nécessaires sera donc, d’autant plus “douloureux” (dans tous les sens du terme) que seront nombreuses les injections, si les rappels n’ont pas été faits à temps.

En dehors d'épidémies locales, et si on excepte le cas particulier, pour le pèlerinage à La Mecque, de la vaccination contre certaines méningites par un vaccin spécifique (Mencévax), la seule vaccination administrativement exigible est la vaccination contre la fièvre jaune (Stamaril) à l'arrivée dans la majorité des pays des régions intertropicales d'Afrique et d'Amérique du Sud (contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire la fièvre jaune est absente du continent asiatique !).

Elle peut être exigée aux frontières de pays indemnes pour les voyageurs en provenance de pays infectés. Même non obligatoire, elle doit être conseillée dans certains pays ou certaines régions où le risque est présent, voire en extension, et où elle n'est cependant pas exigée (Afrique de l'Est, Afrique Australe, Amazonie).

Cette recommandation doit être tempérée pour les voyageurs seniors, chez qui une primo vaccination pourrait avoir des effets secondaires.

Elle doit être faite au moins 10 jours avant le départ dans un centre de vaccinations internationales.

Elle peut être pratiquée dès l'âge de 6 mois et est valide pendant 10 ans.

Vaccinations recommandées

Si elle n’a pas été faite récemment, une vérification de l’efficacité d’un BCG ancien pourra être recommandée, surtout pour les enfants. Dans tous les cas, sont conseillées (et indispensables) les vaccinations (ou leurs rappels) contre :

■ Le tétanos.

■ La poliomyélite.

■ La diphtérie, dont de récentes épidémies réactualisent la nécessité.

■ La coqueluche (dont la réapparition chez les adultes, même en France justifie la vaccination pour tout voyage) 

Il est souhaitable d’être vacciné, (ou immunisé, ce qui peut être vérifié par une recherche d’anticorps protecteurs) :

■ Contre l’hépatite A (transmission alimentaire).

■ Contre l’hépatite B (transmission sexuelle ou sanguine). Son opportunité mais surtout son innocuité viennent d’être remises en question par la publication, en septembre 2004, par une équipe anglo-saxonne (dont la méthode peut être contestée), d’une augmentation significative du risque de poussée de sclérose en plaques chez les personnes vaccinées. Ce qui va à l’encontre des résultats des études françaises. Qui se trompe ? L’enjeu est suffisamment grave (même si le risque est statistiquement minime), pour ne conseiller la vaccination, dans l’état actuel de nos connaissances, qu’aux petits enfants (pour lesquels le risque n’existe pas) et aux groupes à risque (personnels de santé, hémodialysés, usagers de drogues injectables et voyageurs à pratiques sexuelles non protégées).

Sur un plan pratique :

- Ou bien la personne a déjà subi une vaccination et une recherche positive d’anticorps protecteurs la rassurera.

- Ou bien elle n’a jamais subi cette vaccination (ou depuis si longtemps qu’elle n’est plus protégée) et elle devra se souvenir que les seuls modes de contamination sont sanguins et sexuels.

L’opportunité d’autres vaccinations sera évaluée en fonction du risque lié au voyageur lui-même (âge, grossesse, maladies évolutives ou traitements) mais aussi de la durée et des conditions du voyage (brousse, ville, confort, saison).

On pourra ainsi conseiller, surtout pour des séjours prolongés et aventureux :

■ Le vaccin anti-typhique (contre la fièvre typhoïde). - Le vaccin antirabique (contre la rage), en particulier aux enfants, ou lors d'activités exposées (spéléologie), en sachant que son efficacité préventive est relative et ne dispense pas du traitement après une morsure suspecte.

■ Le vaccin anti-méningococcique A+C en période épidémique (saison sèche de la ceinture intertropicale d’Afrique sub-saharienne, du Sous-continent indien et d’Amérique du Sud) ; il est obligatoire pour les pèlerins se rendant à La Mecque, mais de récentes épidémies lui font préférer un vaccin plus efficace (Mencévax).

■ Contre l’encéphalite japonaise, pour des séjours en période de mousson, en zone rurale dans les pays du Sous-continent indien et d’Extrême-Orient.

■ Contre l’encéphalite à tiques, en Europe Centrale, en zone rurale, en été.

■ On peut discuter de l'opportunité d'une vaccination contre la grippe saisonnière et contre la grippe A(H1N1) en période épidémique, pour les personnes à risque (voir les news-santé de septembre 2009)

Les vaccins contre la fièvre jaune, l’encéphalite japonaise et le vaccin anti-méningococcique (concernant les pèlerins vers La Mecque) ne peuvent être effectués que dans les centres de vaccinations agréés, présents dans chaque département.

Les vaccinations immunisent efficacement pour des durées variables, mais suffisamment longues, pour ne pas infliger au voyageur un calendrier d’injections trop chargé, si les rappels des vaccinations habituelles ont été faits à temps et si le médecin consulté peut évaluer l’opportunité d’autres vaccinations, en fonction de la durée, de la saison et du type de voyage.

Il est souhaitable de prévoir la consultation environ 2 mois avant le départ.